Gaza, une obsession occidentale

Gaza, une obsession occidentale

Depuis plusieurs mois, des foules impressionnantes affluent dans les villes arabes, européennes et nord-américaines, scandant des slogans pro-palestiniens voire pro-Hamas. À l’inverse, un nombre relativement restreint de manifestations en solidarité avec la population de Gaza ont été organisées dans la République islamique d’Iran qui pourtant arme et finance les groupes terroristes palestiniens.

Ces rassemblements en Iran sont pour la plupart parrainés par le régime des mollahs; la réticence des Iraniens à manifester s’explique dans leur refus de jouer le jeu de leur gouvernement* car ils sont pour la plupart royalistes, veulent renverser le régime et voir revenir un Pahlavi à la tête du pays. L’hostilité à l’égard d’Israël est en effet considérée comme l’un des piliers idéologiques de la République islamique d’Iran qui, depuis des dizaines d’années, est en proie à une crise de légitimité et ne jouit plus, aujourd’hui, que du soutien d’à peine 15 à 20 % de la population. On assiste même ces derniers mois à une perte importante de pratiquants musulmans qui retournent au zoroastrisme à un point tel que bon nombre de mosquées sont fermées faute de fidèles.

*La relation entre l’Iran et le Hamas est aussi très agitée car si Téhéran fournit la logistique au Hamas, il est loin d’être en mesure de le contrôler. En outre, le Hamas ne se considère pas comme un mandataire de Khamenei, contrairement au Hezbollah, mais comme un élément de la résistance nationale palestinienne. En réalité, le véritable représentant des intérêts iraniens à Gaza est le Jihad islamique palestinien ce que d’aucuns semblent oublier.

Une communauté de “foi”

De longue date, une solidarité s’exprime en France à l’égard de la cause palestinienne, particulièrement chez les musulmans. La cause palestinienne a toujours été relayée, notamment dans le monde associatif immigré, avant même l’organisation de l’islam en France , et dans les milieux de gauche, notamment les communistes. Aujourd’hui, cette solidarité est surtout portée par les musulmans et notamment les jeunes. D’autres causes (la Bosnie, la Syrie, les Rohingyas en Birmanie…) ont mobilisé cette jeunesse mais sans parvenir à  supplanter la cause palestinienne dans l’imaginaire des français de confession musulmane car il existerait naturellement une « communauté de foi entre les musulmans d’ici et les musulmans de là-bas »,  Jérusalem occupant une « place prééminente dans l’imaginaire musulman ».

Outre « l’arabité » commune, la supposée dimension coloniale et post-coloniale relie selon les pro-palestiniens les deux communautés; le narratif pourtant erroné des musulmans en Europe se fonde sur la pseudo-colonisation de la Judée Samarie et de Gaza: en tant qu’ascendants de musulmans aux origines algérienne, tunisienne, marocaine, ils projettent l’histoire coloniale de leurs pays d’origine. Ces ressacs de mémoire coloniale restent bien présents et alimentent donc ce soutien important à la “lutte des Palestiniens”.

En France, les autorités musulmanes sont par ailleurs sur un fil: tout en affichant leur solidarité à l’égard de la cause palestinienne, elles veillent à ne pas faire l’amalgame entre le Hamas et les Palestiniens, et sont de facto prises en étau entre la base militante de musulmans jeunes et revendicatifs et leur volonté de ne pas se mettre en porte-à-faux avec les pouvoirs publics qui ont fait de l’apologie du terrorisme une de leurs priorités.

Pourquoi Gaza?

Quels que soient les lieux de débat sur le conflit israélo-palestinien et la guerre à Gaza, une question lancinante revient systématiquement sur les lèvres des Juifs et de leurs alliés: pourquoi cette obsession avec Gaza qui s’est traduite, dans le monde, par d’innombrables manifestations dans l’espace public et par des occupations dans les universités qui sont des lieux de contestation politique par excellence ?

Pour répondre à cette question légitime, je m’inscris dans la tradition de la pensée critique – abandonnée depuis plusieurs décennies dans les programmes d’enseignement universitaire – pour ébaucher une réponse à cette question lancinante qui s’est invitée dans le conflit israélo-palestinien.

L’islamisation croissante de la judéophobie

En Europe occidentale surtout, les auteurs d’actes antisémites se définissent comme musulmans et la France est particulièrement touchée. L’antisémitisme radical des musulmans est une menace pour toute la société et constitue un risque très sérieux en termes de sécurité. Outre l’antisémitisme des djihadistes clairement identifiés, on constate ces dernières années que l’antisémitisme des musulmans est particulièrement répandu dans une grande partie de la population musulmane « ordinaire ». L’islamisme est par conséquent un facteur aggravant de la violence antisémite: la torture brutale qu’a subi Ilan Halimi avant d’être assassiné en 2006 par des musulmans dont le meneur était clairement antisémite et d’obédience islamiste ou le meurtrier antisémite de Sébastien Selam (tué en 2003 – premier meurtre antisémite du 21ème siècle) lequel n’a pas été poursuivi parce que diagnostiqué schizophrène alors qu’il avait choisi sa victime parce que juive, et selon un raisonnement clairement djihadiste (Jikeli 2022).

Force est de constater que l’islamisation croissante de la judéophobie, à travers la place devenue prépondérante de la « cause palestinienne » dans le nouvel imaginaire antijuif des musulmans et désormais des non-musulmans, a transformé la « cause palestinienne » en cause arabo-islamique (comme dans les années 1920 et 1930), mais avec comme cibles principales le « sionisme » présenté comme l’ennemi universel et Israël, le seul État au monde jugé absolument illégitime et voué à la destruction. À l’islamisation de la judéophobie** s’ajoutent la nazification des sionistes, et le retournement contre les Juifs de la rhétorique antiraciste: l’État d’Israël est ainsi diabolisé en tant qu’« État d’apartheid » ou « raciste » au point que l’amalgame  “sionisme = racisme” est devenu un lieu commun, et que la « cause palestinienne » s’est en même temps transformée en « cause universelle » (Taguieff 2022).

** Plutôt que de parler de nouvel antisémitisme ou d’antisémitisme 2.0, Taguieff a raison d’utiliser le terme “judéophobie » parce que le rejet cible spécifiquement et exclusivement les Juifs, pas les Sémites. Radicalement différente de l’antisémitisme traditionnel et des autres formes de racisme, la judéophobie ne se fonde plus sur la notion de « peuple déicide », caractéristique de l’antijudaïsme chrétien, ou sur la prétendue supériorité de la race aryenne, mais sur l’antisionisme et la diabolisation de l’État d’Israël ce qui explique sa migration de l’extrême droite à l’extrême gauche du champ politique.

Une fenêtre d’opportunité politique

En juin 2024, Rima Hassan prononçait un discours à Evry-Courcouronnes, discours passé relativement inaperçu et dont l’intitulé ne laissait aucun doute quant à son contenu: “Faire de la Palestine un sujet européen”. Dans ce discours, elle indiquait que “la Palestine libère le monde qui souhaite la libérer” et que “la Palestine est un sujet européen car Israël est un bout d’Occident en Orient; elle ajoutait que “l’Union européenne est le premier partenaire d’Israël” et que “Nous sommes tous des Palestiniens”.

Avec le recul, ce discours prend une dimension intéressante. Rima Hassan s’est en effet subrepticement engouffrée dans une fenêtre d’opportunité politique***: notre époque est marquée par des événements dans le monde qui ne sont pas porteurs de nouvelles formes de relations sociétales et humaines; a contrario, ces images des guerres que l’on voit se dérouler devant nos yeux sont l’expression de la dimension de l’intolérable lorsque l’on pense au Soudan, au Darfour, au Yémen pour n’en citer que quelques-uns.

En sociologie des mouvements sociaux, Rima Hassan est définie comme “entrepreneur de mobilisation”, une figure tutélaire qui promeut un agenda spécifique : l’islamisation de la société française par le biais de la question palestinienne.

Toute “pensée” est réfléchie à partir d’un lieu. En d’autres termes, l’être humain pense à partir de la capacité à se laisser affecter par certains lieux qui fonctionneraient comme les symptômes de la globalité sociale. Ce lieu de la pensée aspire en réalité à devenir – s’il ne l’est pas déjà – le lieu paradigmatique de ce que l’on appelle une universalité de combat: il s’agit d’un lieu dont on ne vient pas, habité par une population qui ne partage en rien notre identité sociale et/ou notre mode de vie. Combien parmi nous sont-ils déjà allés à Gaza ou en Judée Samarie? Combien d’entre nous ont-ils fréquenté cette population gazaouie? Probablement peu ou prou. Et c’est ce qui permet de comprendre que Gaza est en réalité devenu un laboratoire mondial qui devrait selon les soutiens pro-palestiniens permettre de définir de nouvelles formes de gouvernement.

Une mutation de la gouvernementalité

L’on constate aujourd’hui que le monde dans sa globalité est arrivé à un point de bascule : les dispositifs gouvernmentaux son remis en cause sous prétexte qu’il s’agit de dispositifs de violence étatique – bien que l’État possède par définition le monopole de la violence légitime-et d’assujettissements des peuples. Une rapide analyse macro-historique sur les deux décennies écoulées permet de réaliser que nous vivons une conjonction sans précédents de crises -qu’elles soient de nature économique, écologique, démographique, sociale, politique, sanitaire, psychique ou même épistémique. Ces crises tendent dans une large mesure à se perpétuer et à devenir la norme en matière de gouvernementalité. Il suffit de regarder la longue crise politique des institutions de la démocratie libérale qui secoue les pays occidentaux depuis 20 ans ou même la crise économique de 2008 dont les effets se font encore sentir aujourd’hui.

La posture des pro-palestiniens consiste à dire que la dynamique d’habituation aux crises laisserait présager une mutation des formes de gouvernance lesquelles normaliseraient de préférence un État d’exception avec le recours à des mesures d’urgence exceptionnelles, violentes, voire autoritaires dans le cadre des processus de gestion sociale ( COVID 19, police, etc).

Quel est alors le rapport avec la globalisation de la lutte pro-palestinienne – ce que d’aucuns appellent “la palestinisation du monde”- et notamment celle menée sur le sol européen?

La “palestinisation” du monde

C’est faire fausse route que de tourner en dérision des propos tels que ceux de Jérémie Bento qui décrit la globalisation de la lutte pro-palestinienne comme “la palestinisation du monde”. Il faut en effet comprendre ces propos non pas dans une perception gauchiste ou ultra-gauchiste encouragée par les Islamistes mais dans une posture qui devrait saisir la conjonction de quatre processus encouragés par cette nébuleuse pro-palestinienne dans les sociétés occidentales, – à savoir la répétition, la désensibilisation, la déshistoricisation et le vide juridique – , et surtout y faire barrage:

  1. La répétition ad nauseam de propos antisémites véhiculés lors de manifestations pro-palestiniennes dans l’espace public, dans l’hémicycle, lors de conférences, lors des occupations de campus universitaires, etc;
  2. La désensibilisation qui consiste à contrer le discours de sensibilisation aux autres guerres et catastrophes humanitaires pour placer exclusivement le cas palestinien au coeur des préoccupations humanistes et humanitaires;
  3. La déhistoricisation consiste à manipuler l’histoire du Moyen Orient pour satisfaire le narratif palestinien qui refuse aux Juifs leur appartenance à la terre d’Israël et par extension nie l’existence légitime de l’État d’Israël.
  4. Le vide juridique qui est exploité par les défenseurs de la “cause palestinienne”, notamment l’absence de définition universelle du concept de terrorisme, l’absence de législation qui empêche l’inscription unanime de groupes terroristes sur une liste européenne, l’impossibilité de dissoudre des collectifs ou ONG pro-palestiniens dont le financement par des groupes terroristes est officiellement documenté et dont le lobbying financier auprès des instances européennes – bien qu’illégal – n’est pas sanctionné voire interdit.

Conclusion

La survisibilisation de Gaza a pour objectif de placer la lutte pro-palestinienne au sein de l’ordre politique occidental pour qu’elle en devienne une partie intégrante au point de personnifier un idéal de justice, la défense de l’intégrité physique de citoyens sans effacer les autres, l’idéal de fraternité comme celui inscrit au frontispice de toutes les mairies en France. Gaza est aussi devenu l’exemple paradigmatique du combat mené par les nouveaux “Justes”qui veulent replacer les principes universalistes de justice au centre des préoccupations de nos sociétés humaines afin de se débarrasser des fantômes de la responsabilité des catastrophes passées. Israël, dans cette optique émancipatrice, est comme le dit Adorno, une victime de l’oppression sociale devenue acteur de cette même oppression sociale.

La dynamique judéophobe qui s’est emparée de la gauche radicale en Occident veut aller plus loin pour produire des pratiques d’émancipation et de justice. Dans cette logique, si Israël est le premier “ennemi” à abattre, ce seront ensuite les sociétés occidentales dans leur configuration socio-politique actuelle qui seront ciblées. S’il est légitime de critiquer toutes les actions politiques d’un gouvernement quel qu’il soit, quand on en vient à considérer qu’Israël se comporte comme un État nazi ou à affirmer que cet État est illégitime dans son droit à l’existence, cela n’est plus de l’antisionisme mais bien de la judéophobie: la critique d’Israël est trop systématique et principielle pour être honnête et est même devenue excessive puisque selon la gauche radicale Israël aurait toujours tort.

Cette obsession gazaouie s’invite dans un imaginaire romantique effréné de la gauche radicale qui en raison de son engagement en faveur du tiers-monde y voit le grand conflit non résolu de la planète, la dernière “grande lutte emblématique de libération”: l’Afrique du Sud a aboli l’apartheid, les colonies se sont émancipées et les mouvements de guérilla latino-américains n’existent plus. Cette gauche radicale s’est trouvé un nouveau prolétariat en opérant une jonction politique entre les nouvelles populations issues de l’immigration en majorité musulmane dans les pays occidentaux et le combat pour “Palestine”. Toutefois, cette union de la gauche radicale avec les Islamistes sur la question de Gaza est totalement contre nature et aboutira à une situation potentiellement explosive si les responsables des gouvernements occidentaux ne mettent pas fin à leur empathie suicidaire.

Comme disait Poliakov, l’histoire de l’antisémitisme se comprenait comme “un grandiose malentendu qu’il faut combattre en expliquant que ses victimes sont des hommes comme les autres, mais entourés de superstitions médiévales”. Poliakov ignorait “qu’on n’exorcise pas un mal millénaire à l’aide d’une argumentation rationnelle » (Poliakov).

La vigilance n’est plus de mise dans les sociétés occidentales car le cheval de Troie est entré dans la cité depuis plus de vingt ans. C’est en effet à l’action politique que les chancelleries doivent s’atteler pour enrayer définitivement cette dérive totalitariste. Après tout leur prophète Mahomet n’avait-t-il pas écrit qu’après le peuple du samedi viendrait le tour du peuple du dimanche…


Références

JIKELI G. (2022). “Les jeunes musulmans et la haine des Juifs.” Dans : Joëlle Allouche-Benayoun éd., L’antisémitisme contemporain en France: Rémanences ou émergences ? (pp. 119-165). Paris: Hermann

TAGUIEFF P. (2022). “Les fronts de la nouvelle judéophobie en France : islamisme, gauchisme, antisionisme.” Dans : Joëlle Allouche-Benayoun éd., L’antisémitisme contemporain en France: Rémanences ou émergences ? (pp. 119-165). Paris: Hermann

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The Liberty Values & Strategy Foundation: A Legacy Reborn

June 11, 2025 – 249 years ago, on this very date, history pivoted on the axis of human possibility.

June 11, 1776. The Continental Congress, meeting in the hallowed chambers of Independence Hall, appointed five extraordinary visionaries to a committee that would forever alter the trajectory of human civilization. Thomas Jefferson, John Adams, Benjamin Franklin, Roger Sherman, and Robert R. Livingston—men of profound intellect and unwavering conviction—were entrusted with the sacred task of drafting the Declaration of Independence. In that momentous decision, they established not merely a political document, but a philosophical foundation upon which the principles of liberty, self-governance, and human dignity would rest for generations yet unborn.

Today, We Stand at Another Threshold

On June 11, 2025—exactly 249 years later—the Liberty Values & Strategy Foundation emerges to carry forward the luminous torch of those founding principles into the complexities of our modern age. Just as Jefferson and his fellow committee members understood that true independence required both visionary thinking and strategic action, the Liberty Values & Strategy Foundation recognizes that preserving and advancing liberty in the 21st century demands sophisticated analysis, bold leadership, and unwavering commitment to the fundamental values that define human flourishing.

A Foundation Built on Timeless Principles

The parallels between then and now are profound:

  • Then, Five visionary leaders gathered to articulate the philosophical foundations of a new nation. Now, A new foundation emerges to advance strategic thinking on liberty’s most pressing challenges
  • Then, The Committee of Five understood that ideas must be coupled with practical wisdom. Now, The Liberty Values & Strategy Foundation bridges timeless principles with contemporary strategic insight
  • Then, They recognized that liberty requires constant vigilance and thoughtful stewardship. Now, We commit to that same vigilance in an increasingly complex world

In the shadow of Ethiopia’s Omo Valley, where the Mursi people etch resilience into their skin through lip plates and the Hamar tribe’s bull-jumping rites forge indomitable courage, a new chapter in the global fight for liberty begins. The Liberty Values & Strategy Foundation (LVS Foundation) launches today as a vanguard of 21st-century research, merging scholarly rigor with actionable strategy through its revolutionary Cohesive Research Ecosystem (CORE). Founded by Dr. Fundji Benedict—a scholar whose lineage intertwines Afrikaner grit, Ethiopian sovereignty, and Jewish perseverance—this institution embodies a legacy of defiance inherited from history’s most audacious truth-seekers, from Zora Neale Hurston to the warrior women of Ethiopia. This duality—scholarship as sword and shield—mirrors Dr. Benedict’s own journey. For 10+ years, she navigated bureaucratic inertia and geopolitical minefields, her resolve hardened by the Ethiopian women warriors who once defied Italian fascism.

 

 

I. The Hurston Imperative: Truth as a Weapon

Zora Neale Hurston, the Harlem Renaissance icon who “broke through racial barriers” and declared, “Truth is a letter from courage,” is the Foundation’s spiritual lodestar. Like Hurston, who documented Black life under Jim Crow with unflinching authenticity, the LVS Foundation wields research as both shield and scalpel. BRAVE, its human rights arm, intervenes in crises with the precision Hurston brought to folklore studies, transforming marginalized voices into policy. When Somali warlords displace the Gabra people or Ethiopian officials seize tribal lands, BRAVE acts with the urgency of Hurston’s anthropological missions, ensuring that “truth-telling becomes liberation”.

Dr. Benedict’s decade-long journey mirrors Hurston’s defiance. “My ancestors did not bow. I will not bow,” she asserts, her cadence echoing the Omo Valley’s ceremonial chants. This ethos permeates the Foundation’s CORE model, where BRAVE, COMPASS, and STRIDE operate in symphonic unity. “CORE is our answer to siloed thinking,” Dr. Benedict explains. “Through this cohesive ecosystem, BRAVE, COMPASS, and STRIDE work in concert—breaking down

barriers between academic research, fieldwork, and strategic action. This enables us to develop innovative solutions and stride toward lasting change”.

 

II. Necropolitics and the Battle for Human Dignity

The Foundation’s research agenda confronts necropolitics—a term coined by Achille Mbembe to describe regimes that decide “who may live and who must die”. In Somalia, where Al-Shabaab turns villages into killing fields, and South Africa, where post-apartheid politics increasingly marginalize minorities, the LVS Foundation exposes systemic dehumanization. STRIDE, now correctly positioned as the bulwark against terrorism and antisemitism, dismantles networks fueled by Qatari financing and ideological venom. COMPASS, the geopolitical hub, maps Qatar’s $6 billion influence campaigns, revealing how Doha’s alliances with Islamist groups destabilize democracies from Sahel to Paris, France.

“Qatar hides behind diplomatic immunity while funding mass murder,” Dr. Benedict states, citing Israeli intelligence linking Qatari funds to Hamas’s October 7 massacre. Meanwhile, BRAVE echoes fieldwork in Ethiopia’s Babille Elephant Sanctuary—where Dr. Benedict has studied bee barriers to resolve human-wildlife conflict—and epitomizes the Foundation’s ethos: “We turned conflict into cooperation, just as our ancestors turned adversity into art”.

 

III. The Ethiopian Woman Warrior: A Blueprint for Ferocity

The Foundation’s DNA is steeped in the legacy of Ethiopian women who weaponized intellect and audacity. Woizero Shewareged Gedle, who orchestrated prison breaks and ammunition heist during Italy’s occupation, finds her echo in STRIDE’s Intelligence operations. She struck an Italian officer mid-interrogation and declared, “You may imprison me, but you will not insult me”. Her defiance lives in STRIDE’s intelligence operations and BRAVE’s land-rights advocacy for all minorities like the Hamar, who endure ritual whipping to cement bonds of loyalty – a fight as visceral as it is cerebral -, but also the tribes or the Afrikaners in South Africa who face expropriation of their property without compensation. Dr. Benedict’s leadership rejects the false binary between academia and activism: “Research is not abstraction—it is alchemy. We transmute data into justice”.

 

IV. Conclusion: Lighting the Torch for Generations

The Liberty Values & Strategy Foundation stands as more than an institution—it is a living testament to the unyielding spirit of those who refuse to let darkness prevail. In a world where necropolitics reduces human lives to chess pieces and terrorism metastasizes in the shadows, the Foundation’s CORE research ecosystem illuminates a different path: one where rigorous scholarship becomes the catalyst for liberation. Every report published, every policy advocated, and every community defended is a reaffirmation of democracy’s most sacred tenet—that every life holds irreducible value.

Dr. Benedict’s vision transcends academic abstraction: BRAVE’s defense of pastoralist communities, COMPASS’s geopolitical cartography, and STRIDE’s dismantling of hate networks are not isolated acts but threads in a tapestry woven with the same audacity that Zora Neale Hurston brought to anthropology and Woizero Shewareged Gedle to resistance. The Foundation’s decade-long gestation mirrors the patience of Ethiopian honey hunters who wait years for the perfect hive—a reminder that enduring change demands both urgency and perseverance.

As a beacon for liberty, the LVS Foundation invites collaboration across borders and disciplines. To governments grappling with Qatar’s influence campaigns, to activists documenting human rights abuses, to citizens weary of complacency, the Foundation offers not just data but a blueprint for courage and defiance. Its research ecosystem—dynamic, interconnected, and unapologetically action-oriented—proves that knowledge, when wielded with integrity, can dismantle even the most entrenched systems of oppression.

 

The Torch Burns Bright

Over the past decade, Dr Benedict has combined rigorous academic work with on-the-ground engagement, building the knowledge and networks required to create this institution. Now, as the Foundation opens its doors, it stands as a testament to principled scholarship and action. In the legacy of Zora Neale Hurston’s fearless truth-telling, the LVS Foundation embraces the

power of knowledge guided by values. Crucially, the LVS Foundation maintains strict independence from any partisan or governmental funding. This non-partisanship is a cornerstone of its identity. “From day one, we refuse to be anyone’s instrument – no government, no party. Our independence guarantees that our voice remains unbiased and our research uncompromised,” Dr. Benedict emphasizes. “We owe that to the truth we seek. Hurston taught us about authenticity and courage; in that spirit, we will not pander or censor ourselves. We will ask the hard questions and pursue answers – wherever they lead – in service of liberty and human dignity.”

The revolution Dr. Benedict ignited is not hers alone. It belongs to every individual who dares to believe that democracy can be defended, that integrity can be restored, and that liberty is worth every sacrifice. Zora Neale Hurston once wrote, “There are years that ask questions and years that answer.” For the LVS Foundation, this is the year of answers and a responsibility to honor Hurston’s legacy by ensuring truth is not just spoken but lived. Those seeking to support Liberty Values & Strategy Foundation—through funding, fieldwork, or amplification—are welcomed at [email protected] or [email protected].