La Belgique s’est indéniablement imposée comme un centre opérationnel majeur pour les réseaux affiliés au Hamas en Europe ; en effet, les autorités belges ont officiellement confirmé la présence de cette organisation par le biais de sociétés écrans et d’opérations de collecte de fonds. Plusieurs facteurs convergents rendent la Belgique particulièrement attractive pour les activités du Hamas, tandis que des schémas préoccupants d’infiltration parmi les demandeurs d’asile posent de sérieux défis en matière de contre-espionnage.
Le ministre belge de la Justice, Paul Van Tigchelt, a officiellement confirmé, en février 2024, que le Hamas opère en Belgique à travers un réseau de sociétés écrans axées sur le lobbying et la collecte de fonds. Cela constitue la première reconnaissance formelle par les autorités belges de la présence systématique du Hamas sur le territoire national et marque un tournant significatif par rapport aux démentis antérieurs. L’entité principale faisant l’objet d’investigations est le Conseil palestinien européen pour les relations politiques (EUPAC), dirigé par Majed al-Zeer, représentant de haut rang du Hamas en Europe. L’EUPAC opère depuis Bruxelles, ville stratégiquement située à proximité de la Commission européenne et du Conseil, afin de maximiser son influence auprès des institutions de l’UE. Les services de renseignement allemands ont d’ailleurs confirmé le rôle central d’al-Zeer dans l’activité du Hamas sur le continent.
Le 7 octobre 2024, le département du Trésor américain (OFAC) a désigné Majed al-Zeer comme terroriste mondial spécialement désigné (SDGT). Selon la déclaration officielle, il est identifié comme représentant senior du Hamas en Europe, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni, et impliqué dans des activités de soutien matériel et de financement au profit de cette organisation terroriste — accusations qu’il réfute, sans surprise. Cependant, des preuves photographiques démontrent qu’al-Zeer a été en contact avec le défunt leader du Hamas Ismaïl Haniyeh, conférant de la crédibilité aux évaluations du renseignement quant à son rôle central. À la suite de cette désignation, les autorités allemandes ont émis un mandat d’arrêt européen contre al-Zeer, confirmant davantage sa position de premier plan dans les opérations européennes du Hamas.
L’influence d’al-Zeer s’étend à travers de multiples structures organisationnelles, notamment son rôle au sein du Centre palestinien pour le retour (PRC), basé à Londres, et de l’EUPAC, installé dans la capitale belge. Selon la presse britannique, le PRC a participé au financement de la croisière méditerranéenne entreprise par Rima Hassan et Greta Thunberg, surnommée la « croisière selfie » par ses détracteurs. Ainsi, cette soi-disant Flottille de la liberté, bien que présentée comme une mission humanitaire, illustre la manière dont les organisations liées au Hamas exploitent la sympathie occidentale et des activistes de haut profil pour faire progresser leurs objectifs de propagande tout en conservant une dénégation plausible quant à leur véritable nature.
Par ailleurs, la position unique de la Belgique, hôte des principales institutions de l’UE, en fait une base idéale pour les opérations du Hamas. La concentration de représentants diplomatiques à Bruxelles — la deuxième plus importante après New York — crée un environnement où les activités de renseignement étranger peuvent se dérouler en relative impunité. Ce positionnement permet aux organisations liées au Hamas d’accéder directement aux décideurs de l’UE, de coordonner leurs actions avec d’autres groupes à travers l’Europe et d’exploiter le rôle de premier plan de la Belgique dans la politique étrangère européenne.
En complément de ces activités, le Hamas a fait un usage extensif de Telegram comme plateforme de communication en Europe. Ses canaux servent des objectifs de propagande, de recrutement, de radicalisation et de contre-espionnage, y compris les efforts visant à identifier et à cibler les opposants. Bien qu’il n’existe, à ce jour, aucune preuve concernant le canal Telegram « Imsik Ameel » opéré par Mohammed Othman, le schéma plus large du Hamas — faisant appel à des opérateurs basés en Europe pour gérer des opérations de contre-espionnage numérique — est bien établi. Les services de sécurité belges surveillent d’ailleurs l’augmentation des menaces en ligne et des activités de radicalisation à la suite des attaques du 7 octobre 2023, démontrant leur conscience aiguë de ces opérations numériques.
En outre, les inquiétudes relatives aux opérateurs du Hamas infiltrant l’Europe sous couvert de demandeurs d’asile continuent de croître. Le renseignement allemand a fourni des preuves tangibles d’infiltration terroriste parmi les populations de réfugiés, et la Belgique reconnaît la difficulté de filtrer les évacués de Gaza, surveillant tout particulièrement les individus entretenant des liens avec le pays. Cette situation révèle une faiblesse plus large du système d’asile européen que des adversaires sophistiqués tels que le Hamas sont bien placés pour exploiter.
Les implications politiques de ces développements en Belgique sont également préoccupantes, notamment l’ascension de Fouad Ahidar et ses ambitions ministérielles. En dépit de ses associations dûment documentées avec des réseaux liés au Hamas, Ahidar continue d’afficher ses ambitions dans la capitale belge avec le soutien de partis de gauche. Après son exclusion de Vooruit pour ses positions controversées, il a fondé Team Fouad Ahidar, formation qui a obtenu une représentation significative au Parlement bruxellois et est devenue le deuxième plus grand parti néerlandophone de Bruxelles avec plus de 16% des voix. Sa plateforme cible délibérément la vaste communauté musulmane de la ville en se prononçant sur l’abattage rituel, le port du voile par les employés gouvernementaux et le conflit de Gaza — thèmes qui s’alignent de façon frappante sur les objectifs de propagande du Hamas. Le fait qu’Ahidar soit, selon plusieurs rapports, invité aux conférences organisées par l’EUPAC — l’organisation dirigée par le financier terroriste désigné Majed al-Zeer — révèle la profondeur de ces connexions troublantes. Cette situation illustre un paysage politique européen où des individus ayant des liens documentés avec des réseaux liés au Hamas peuvent obtenir un succès électoral notable et nourrir de sérieuses ambitions avec le soutien de la gauche traditionnelle.
L’impact de ces dynamiques sur les communautés juives d’Europe est à la fois grave et immédiat. L’afflux d’individus provenant de zones de conflit comme Gaza — où la rhétorique antisémite et anti-israélienne imprègne les médias d’État et l’éducation — augmente le risque de harcèlement, d’intimidation et même de violences visant les communautés juives de la diaspora. Des rapports crédibles indiquent que de véritables demandeurs d’asile anti-Hamas sont ciblés, harcelés ou intimidés par d’autres demandeurs d’asile se révélant en fait être des opérateurs du Hamas. Ce climat menace non seulement la sécurité et le bien-être des Juifs en Europe, mais sape également les valeurs fondamentales d’intégration multiculturelle et de droits civiques.
Ces schémas sont clairs : l’adoption persistante, par les gouvernements occidentaux, d’une « empathie suicidaire » — manifestée par l’accueil indiscriminé ou insuffisamment contrôlé d’évacués de Gaza — risque d’alimenter une escalade spectaculaire de l’antisémitisme et du terrorisme sur le sol européen. Sans mécanismes de vérification robustes et sans reconnaissance honnête des moteurs idéologiques accompagnant certaines arrivées, les communautés juives resteront particulièrement vulnérables aux campagnes organisées de harcèlement et de radicalisation. Les réseaux terroristes ont, à plusieurs reprises, démontré leur capacité à exploiter les lacunes des systèmes de sécurité et de migration occidentaux ; les conséquences pour les communautés juives — et pour la sécurité européenne dans son ensemble — deviendront plus dangereuses encore si les politiques ne s’adaptent pas rapidement.
Le réseau du Hamas en Belgique illustre une exploitation systématique des institutions démocratiques européennes et des procédures d’asile. La capacité de l’organisation à opérer par l’entremise d’entités apparemment légitimes tout en maintenant des liens directs avec un leadership terroriste désigné témoigne d’une sécurité opérationnelle raffinée et d’une planification stratégique à long terme. La normalisation politique de personnalités ayant de tels liens, à l’image du succès électoral de Fouad Ahidar malgré ses associations controversées, montre jusqu’où ces opérations d’influence ont pénétré les systèmes politiques européens.
Les Juifs européens font désormais face à un danger sans précédent issu des opérations du Hamas dans la capitale belge, où l’organisation a établi un réseau sophistiqué qui menace les communautés juives à travers le continent. Selon le ministère belge de la Justice, le pays ne disposait d’aucune législation capable d’empêcher les organisations extrémistes de faire du lobbying pour le compte du Hamas sous couvert d’ONG légitimes. Jusqu’à récemment, le seul cadre pertinent était la loi antiterroriste de 2017, conçue pour les ressortissants belges revenus de Syrie après avoir combattu pour l’EI et commis des crimes de guerre. Avec la nouvelle législation dite « Arizona » et les mesures récentes visant des organisations comme Samidoun — dont le coordinateur vient de se voir retirer son statut de réfugié — la Belgique agit enfin. Toutefois, compte tenu de la profondeur de l’enracinement du Hamas à Bruxelles et de l’ampleur de ses opérations d’influence, ces efforts pourraient s’avérer tardifs pour empêcher le réseau d’atteindre son objectif : saper la sécurité européenne et cibler les communautés juives sur l’ensemble du continent.




















