Norvège: le paragraphe de la honte

Norvège: le paragraphe de la honte

« Les juifs sont toujours exclus du royaume ». Ce paragraphe, le deuxième de la constitution norvégienne votée en 1814 à une large majorité, a longtemps constitué un problème en Europe jusqu’à son abrogation en 1851. La trace qu’il laisse aujourd’hui dans la société norvégienne et sa communauté juive est palpable et l’origine de cet antisémitisme virulent et profondément enraciné dans ce pays scandinave est à rechercher dans ses racines luthériennes .

En effet, la Norvège n’a jamais été un pays cosmopolite; nulle nation en Europe n’a connu aussi peu de diversité ethnique ou religieuse. Au contraire de tous les autres pays, la Norvège était un pays lointain, rural, montagneux, peuplé de pieux fermiers luthériens, et dont la Constitution, datant du début du 19ème siècle, bannissait tous les juifs de son territoire. Les juifs ne se sont longtemps comptés que sur les doigts d’une main en Norvège. Mais malgré leur petit nombre, ils n’y furent pas bien accueillis.

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Un groupe d’amis juifs faisant du ski à Oslo. 4 furent déportés et ne revinrent pas – Collection du Musée juif d’Oslo.

La première trace écrite du passage d’un juif en Norvège date de 1681. Le 29 avril de cette année, l’épouse du juif Jacob Levin envoya depuis Hambourg une lettre désespérée aux autorités dano-norvégiennes. Elle les suppliait de libérer son mari, emprisonné à Bergen depuis un an. Son crime ? Être venu en Norvège sans la lettre de passage que l’on imposait alors aux Juifs – ainsi qu’à tous les étrangers n’appartenant pas à l’Église évangélique luthérienne – et qui leur laissait trois jours pour traverser le territoire, sans quoi ils s’exposaient à la peine capitale. Une loi de 1687 venait graver dans le marbre la consigne déjà claire : sans lettre de passage des autorités dano-norvegiennes, interdiction pour un juif de séjourner en Norvège.

Les familles juives qui se sont établies dans la ville étaient originaires de Pologne et de Lituanie. Trop pauvres pour émigrer aux États-Unis, elles choisirent la Norvège comme destination lors des vagues d’immigration de la fin du 19ème siècle.

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Le « deuxième paragraphe » de la constitution norvégienne de 1814

Les juifs et les jésuites

Avant son adoption et malgré le peu d’opposition qu’il suscita, le paragraphe fut amplement discuté. Comptant parmi les plus récalcitrants, le pasteur Peter Ulrik Magnus Hount s’était exprimé : « Les Juifs sont tout de même des êtres humains. Si d’autres nations faisaient comme nous, ils n’auraient aucun endroit où aller. Les Juifs doivent quand même être autorisés à résider quelque part sur la terre verte de Dieu ». Rien n’y fit et le paragraphe complet fut voté sous cette forme : « L’Église évangélique-luthérienne reste la religion officielle de l’État. Les habitants qui en font partie s’engagent à éduquer leurs enfants dans cette croyance. Les jésuites et les ordres des moines ne doivent pas être tolérés. Les juifs sont toujours exclus du royaume ».

Cette exclusion était-elle exclusivement une affaire de religion ? L’exclusion toucha en effet également les jésuites. Mais d’autres motifs alertent. Les  défenseurs de ce fameux deuxième paragraphe étaient aussi très influencés par le débat en Europe à l’époque. Pourtant, dans divers pays, on était au contraire pour l’émancipation des juifs. Les parlementaires norvégiens se targuaient de connaissances sur ce qui se passait ailleurs en Europe, mais étaient en réalité pénétrés de préjugés.

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Le secours des arguments anciens

Le fameux paragraphe juif puise à d’autres sources de la pensée européenne, comme le démontre l’historien Håkon Harket, auteur du livre « Le Paragraphe ». Harket y voit la prévalence d’un sentiment national, la volonté farouche de devenir un peuple qui ne veut plus être assujetti. Il écrit : « Plusieurs des arguments contre les juifs ont été puisés dans des textes antiques, tels que les lois de Moïse, le plus grand penseur politique de son temps. Les hommes d’Eidsvoll l’admiraient énormément, lui, mais pas son peuple, qualifié de « brut, voire de vermine corrosive ». La longue histoire des juifs fut utilisée contre eux. Et en sus, la crainte qu’ils ne puissent pas devenir des citoyens à part entière, puisque tenus, voire enchaînés, comme disait Kant, par les lois de Moïse[1]. L’obsession des représentants d’Eidsvoll était que les juifs puissent former ‘un état dans l’état’. Mais n’oublions pas que cela se passait dans un pays sans juifs. Tout cela était des théories. » Cet antisémitisme prenait racine dans des textes.

Pour Harket, ce sont les auteurs européens qui sont en cause. Il écrit : “La littérature antisémite déploie une rhétorique vaste et variée, que l’on retrouve notamment chez Schiller, Michaelis, Fichte et surtout Buchholz. Prenons par exemple Jakob Friedrich Fries. Christian Magnus Falsen, président du comité constitutionnel, le cite dans son langage très cru. Les métaphores animalières florissaient déjà à propos des juifs. »

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Parmi les références des décideurs norvégiens de l’époque, on compte certains écrits de Voltaire, comme les Essais sur les mœurs ou l’article « Tolérance » du « Dictionnaire philosophique » : « C’est à regret que je parle des juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre. » Voltaire, si admiré de l’intelligentsia norvégienne, accusait le peuple juif de tous les vices, lui faisant porter la responsabilité des persécutions qu’il endure, lui attribuant tour à tour des lois absurdes, une ignorance crasse, une cupidité sans frein et une misanthropie farouche. Comment s’étonner alors que les représentants norvégiens trouvaient les juifs « trop avides, trop puissants, trop bons commerçants », ayant pour but de créer « un état dans l’état », incompatible avec les ambitions de la nouvelle constitution ? Des rumeurs circulaient, dont l’une faisait état d’un navire « chargé de juifs » attendant son moment pour accoster dans le port de Göteborg. Une menace imaginaire.

Une exception dans le silence

Peu de temps après avoir couronné un prince (danois), le faisant roi par la volonté du peuple, le tout nouvel État norvégien perdit une courte guerre contre la Suède, obligeant l’assemblée d’Eidsvoll à une nouvelle union. Celle-ci, beaucoup plus libre mais toujours contrainte, allait durer presque cent ans. Après quelques modifications mineures, la Norvège conservait sa constitution et notamment son deuxième paragraphe. Il fut dès lors sévèrement appliqué ; à une exception près.

Nous sommes en 1822. Le jeune État norvégien n’a plus de couronnes. Le roi de Suède, Charles Jean, menace de le déclarer en banqueroute et de soumettre la Norvège à une union beaucoup plus contraignante. Où trouver de l’argent quand les banques rechignent? C’est alors que l’on se souvient de certains juifs, notamment du juif danois Joseph Hambro et du juif suédois Vilhelm Benedicks. Pour négocier, il faut les inviter à venir en Norvège. Exceptionnellement, on met donc de côté le paragraphe 2. Hambro se rend en Norvège deux fois, Benedicks également. Ensemble, ils sauvent le royaume. Mais officiellement, ils ne sont jamais venus.

Le poète et le paragraphe

Un homme s’est élevé contre le paragraphe honteux. Il s’agit du poète Henrik Wergeland. Son père, Nicolai Wergeland, avait participé à son élaboration en 1814. Et Henrik lui-même avait eu des tendances antisémites dans sa jeunesse. Mais il en était progressivement arrivé à la conclusion que le paragraphe 2 était moralement insupportable et contradictoire avec les principes démocratiques et juridiques de la constitution. La constitution devait donc évoluer en expurgeant ce paragraphe basé sur des préjugés. C’est pour y arriver qu’il se jeta dans une bataille juridique qui allait durer jusqu’à sa mort en 1845 et dont il ne devait pas connaître l’issue. Chemin faisant, il écrivit plusieurs poèmes sur les juifs, qui eurent un large écho.

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Nicolai, le père, bien qu’âgé de 82 ans et aveugle, continua finalement la lutte de son fils Henrik après sa mort. Et en 1851, lors d’un quatrième vote de l’Assemblée, le paragraphe fut enfin aboli. La plupart des arguments opposés à l’abrogation étaient économiques. D’après ses notes, le débat ne fut pas enflammé.

Une Norvège dreyfusarde ?

Aucun mouvement antisémite ne voit le jour en Norvège pendant l’affaire Dreyfus. Il existe dans la conscience collective des Norvégiens à l’époque de l’affaire un antijudaïsme et une méfiance envers les Juifs, mais les Juifs ne sont pas perçus comme un problème. Le nombre de Juifs enregistrés en Norvège est de 214 en 1890 et de 642 en 1900. Un nombre très modeste, limité à la capitale et à Trondheim ; ils n’ont aucune influence importante en Norvège. On voit une augmentation significative vers 1920, quand 1457 Juifs sont enregistrés, principalement des réfugiés fuyant les pogromes dans l’Est de l’Europe.

En 1910, quand le premier livre antisémite norvégien a été publié, il n’existe pas encore de milieu antisémite. L’un des critiques du livre écrit qu’ « [i]ci chez nous, les gens en général pensent qu’il n’y a pas de question juive. En réalité, elle est d’une grande actualité dans le grand monde. » Après la publication du livre, il y a eu un débat dans la presse, auquel des Juifs ont participé pour se défendre contre ces accusations. Cette publication était la première tentative de lancer un mouvement antisémite en Norvège, et un lecteur a écrit une lettre d’avertissement contre ce qu’il voit comme « une manifestation de l’antisémitisme fanatique, dont on a, heureusement, jusqu’à présent été épargné dans ce pays. »

L’antisémitisme français tel qu’il est présenté pour les Norvégiens est indissolublement lié aux antidreyfusards et ne peut par conséquent avoir aucun impact en Norvège. L’antisémitisme n’a pas de porte-parole en Norvège pendant l’affaire Dreyfus. Personne n’essaye de le politiser, de l’utiliser pour attaquer la population juive, il n’était intégré dans aucun parti politique. On n’excuse pas la « raison d’Etat » qui justifie la condamnation d’un innocent. La constitution norvégienne est fille de la Révolution française, et le côté antidreyfusard est synonyme de l’armée, de l’Eglise catholique et des forces réactionnaires de la société française. Même si on trouve beaucoup d’exemples de préjugés contre les Juifs comme groupe, on ne trouve pas de sympathie pour l’antisémitisme français, qui est présenté comme injuste, inculte, violent et irrationnel, souvent lié à la violation des droits de l’homme. En général, l’antisémitisme n’a pas de grande importance dans la perception de l’affaire Dreyfus par la presse norvégienne, ni l’idée que Dreyfus a été condamné parce qu’il est Juif ni que l’antisémitisme était politisé en France. L’accent sera mis sur l’affaire politique, sur les rôles de l’Armée et de l’Eglise catholique. Ni les Juifs norvégiens ni les antisémites norvégiens (étant donné qu’ils existent) ne s’engagent. La conscience de cet aspect est plus présente chez les Norvégiens qui connaissent la France ; les intellectuels.

Par la suite, il n’y eut évidemment jamais « d’invasion » de juifs en Norvège. Ils n’étaient que vingt-cinq quand fut réalisé le recensement de 1865. Après l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881, et suite à une série de pogroms, la Norvège connut quelques arrivées de juifs russes. Mais pour beaucoup, la Norvège n’était qu’une étape sur le chemin des États-Unis. Ceux qui restèrent s’établirent dans le commerce, s’intégrèrent tout en conservant le yiddish pour parler entre eux. Quand le nazisme se répandit en Europe, ils se crurent à l’abri en Norvège.

1942 : Le retour du paragraphe

Pendant la seconde guerre mondiale, à quelques exceptions près, les norvégiens ne se couvrirent guère de gloire sous l’occupation nazie. Au contraire de leurs homologues danois, les norvégiens non-juifs ne firent aucun effort majeur pour protéger leurs voisins juifs.

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Photo de la famille Gorvitz, ca. 1940. Presque toute la famille fut déportée par le « Donau » en 1942, et ne revinrent pas – Collection du Musée juif d’Oslo[Le 9 avril 1940, le royaume fut envahi par les Allemands qui nommèrent le leader du parti nazi norvégien, Vidkun Quisling, leader du parti nazi norvégien (Nasjonal Samling ou NS), Premier ministre. Durant les deux premières années de l’occupation, quelques actions isolées contre les juifs, y compris des arrestations individuelles, ont eu lieu en Norvège. En 1941, la police de sûreté allemande a donné instruction à la police norvégienne de tamponner un « J » rouge sur la carte d’identité de chaque juif en Norvège, préparant ainsi le terrain pour les rafles massives qui ont suivi.

L’enregistrement des juifs norvégiens a réellement commencé en 1942. En plus d’avoir obligatoirement cette lettre « J » tamponnée sur leurs papiers d’identité, les juifs devaient remplir un « questionnaire pour les juifs de Norvège » émis par le bureau des statistiques de NS. Parallèlement, Quisling réintroduit en 1942 le paragraphe juif de la constitution norvégienne de 1814, qui avait été supprimé par le parlement en 1851. Lors de la grande rafle de 1942, c’est la police norvégienne qui fut à la manœuvre. En parallèle, le 26 octobre 1942, Quisling prescrivait la confiscation des biens juifs. Les biens furent saisis à l’occasion des arrestations, dépossédant ainsi la minorité juive de ses moyens de subsistance. Le 26 novembre, le navire « Donau » quitta le port d’Oslo avec 532 juifs à bord. Sa destination : Auschwitz. On ne compte que 9 rescapés.

Sur les 2100 juifs vivant en Norvège avant la guerre, 772 furent déportés et seuls 34 survécurent. La majorité du reste de la petite communauté juive en Norvège, qui représentait au total 2.100 personnes à la veille de la deuxième guerre, a survécu en s’échappant en Suède. La Norvège a ainsi perdu plus d’un tiers de sa communauté juive durant la guerre.

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Les Accords d’Oslo

Pendant des décennies, après guerre, la Norvège a été une fidèle alliée des Etats-Unis et d’Israël; mais l’élite multiculturelle, toujours tenace, œuvra dans les écoles, les universités et les médias et créa ainsi une génération de norvégiens pour qui être vertueux et intellectuellement sophistiqués signifie, entre autres, adopter la « victime » musulmane et mépriser le « tyran » israélien, même si le « tyran » en question est un pays démocratique de la taille de l’île de Vancouver et la « victime » un groupe de nations infiniment plus vastes, assujetties, d’une agressivité sans relâche, bien décidées à rayer ce minuscule pays de la carte.

Pourtant, en 1993, les ‘’Accords d’Oslo’’ signés entre Palestiniens et Israéliens sont pourtant conclus dans la capitale norvégienne. Mais depuis plusieurs décennies, le pays scandinave et l’Etat hébreu sont en froid.

Retournements et fidélités

Le « paragraphe de la honte » n’existe plus aujourd’hui, mais ses conséquences sur la communauté juive de Norvège contemporaine demeurent certainement. La situation au Moyen-Orient pèse aussi. Après la Seconde Guerre mondiale, la Norvège, très favorable à Israël, lui a fourni l’eau lourde dont le jeune État avait besoin pour constituer un arsenal atomique. Depuis l’éveil palestinien, le pays connait un retournement et l’opinion publique soutient la lutte des Palestiniens et condamne Israël et, avec lui, les juifs, dans une confusion maintenue.

Les relations entre les deux pays sont grinçantes:

  • Le premier incident notable remonte à septembre 2006, suite aux coups de feu tirés à l’arme automatique contre la façade d’une synagogue d’Oslo. Trois hommes sont arrêtés, suspectés également de projeter des attentats contre l’ambassade israélienne dans la capitale norvégienne. Une crise diplomatique éclate alors entre les deux Etats, due aux propos de l’ambassadrice d’Israël, Myriam Shomrat, qui reproche à la famille royale de n’avoir pas condamné publiquement et officiellement l’acte terroriste. De plus, l’ambassadrice d’Israël en Norvège dénonce un article de l’ancien Premier ministre, Kore Wilok, publié dans la presse locale, diffamant l’Etat hébreu. Selon Myriam Shomrat, ce papier constitue une justification a priori de l’attentat perpétré contre un lieu de culte juif. Ces déclarations provoquent le mécontentement affiché du bureau du Premier ministre et de celui des Affaires étrangères norvégiens.
  • Début 2009, nouvelle dissension. Alors qu’Israël lance l’offensive terrestre ‘’Plomb durci’’ à Gaza consécutivement aux tirs de roquettes sur Sderot, des avocats norvégiens annoncent qu’ils déposent plainte contre de hauts responsables israéliens, y compris l’ex-Premier ministre Ehud Olmert, pour “crimes de guerre” et “violations graves des droits de l’Homme”. De plus, organisations, syndicats et manifestants exigent l’abandon de tous les investissements norvégiens en Israël et appellent à une grève quasi-générale en signe de solidarité envers les civils palestiniens tués lors de l’opération militaire israélienne. Pire, la Norvège demande le retrait du prix Nobel de la Paix au Président israélien Shimon Pères.
  • L’« humanisme » norvégien ne s’arrête pas là. En juin 2010, suite à l’abordage par Tsahal de la première flottille ‘’humanitaire’’ turque vers Gaza, la Norvège exige une enquête internationale concernant l’intervention aéroportée israélienne. Dix mois plus tard, après le mea culpa du juge Goldstone concernant l’affaire du Marmara 1, le ministre norvégien des Affaires Etrangères, Jonas Gahr Støre, déclare « qu’il va constituer une commission de vérification pour étudier les différences entre le rapport du juge Goldstone et ses récentes révélations dans le journal Washington Post ». Gahr Støre ajoute « que si ces différences se vérifient, la Norvège cesserait son soutien total au Rapport Goldstone et publierait une annonce en ce sens en faveur d’Israël ». Jérusalem attend encore.
  • Au niveau militaire, Oslo sanctionne Israël en lui interdisant en octobre 2010, une série d’exercices pour deux de ses sous-marins, dans les eaux territoriales norvégiennes. Les submersibles hébreux ne peuvent plus stationner à la base navale de Markiva comme prévu initialement. Ce refus intervient après une décision des autorités norvégiennes de suspendre le commerce d’armement vers l’Etat hébreu. Le même Jonas Gahr Støre avance pour l’occasion, que son pays n’exporte pas de “matériel ou de services dans le domaine de la défense vers des pays où la guerre menace”.
  • La première moitié de 2011 ne commence pas mieux, marquée par de nombreux incidents dans les relations entre les deux Etats. D’abord en février, l’ambassade Israélienne à Oslo reçoit une notification officielle du gouvernement norvégien, lui demandant de trouver un autre site d’ici 2012. La Norvège insiste pour que l’Ambassade israélienne déménage et se relocalise en dehors de la capitale d’ici un an. Selon les autorités locales, l’Ambassade d’Israël perturbe les riverains qui craignent pour leur sécurité et s’indignent des mesures prises par les services israéliens concernant notamment la construction d’un petit mur de sécurité – autorisé par la ville d’Oslo – autour de l’ambassade. Ainsi, la représentation diplomatique de l’Etat hébreu aurait un impact négatif sur la qualité de vie des résidents du quartier. De son côté, l’Ambassadeur israélien à Oslo constate que ses recherches de relocalisation n’aboutissent pas car personne ne semble vouloir lui vendre de propriété. Le ministère israélien des Affaires Etrangères conçoit que cette affaire représente bien une nouvelle dégradation des relations entre l’Etat hébreu et le royaume scandinave. Pour lui, les “autorités norvégiennes ont capitulé devant l’opinion publique hostile à Israël”.
  • Au sein du monde académique, la situation n’est guère plus brillante. Fin mars 2011, le Pr Dershowitz, brillant avocat américain qui enseigne le droit à l’université d’Harvard et ancien défenseur de Nelson Mandela, a la déplaisante stupéfaction de se voir décliner sa demande de rencontrer les dirigeants norvégiens. Et lorsqu’il souhaite donner une conférence dans les universités d’Oslo et de Trondheim, on lui fait comprendre qu’il n’est pas le bienvenu en Norvège en raison de ses prises de position pro-israélienne. Suite à une pétition rédigée par des professeurs norvégiens appelant au boycott d’Israël, le Pr Dershowitz conclut que ce qui y est dénoncé est l’existence même de l’Etat juif. Pourtant, diplomatiquement, la Norvège se dit très impliquée dans la tentative de résolution du conflit israélo-palestinien, notamment depuis la signature des Accords d’Oslo, en 1993.

Malgré la récurrence des positions norvégiennes anti-israéliennes, l’Etat hébreu se mobilise et exprime immédiatement ses condoléances aux familles des victimes après les deux attentats terroristes d’Oslo faisant plus de 90 morts. Le Ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, propose même l’assistance médico-légale, l’évacuation des blessés ainsi qu’une aide des services “d’intelligence” à la Norvège. Offre refusée par cette dernière. Commentaire de l’intéressée par sa voie diplomatique : le terrorisme du Hamas contre Israël peut se justifier davantage que la récente attaque terroriste contre la Norvège. Autrement dit, tout terrorisme est condamnable sauf celui contre l’Etat hébreu. Déclaration qui envenime un peu plus les relations entre les deux pays.

Conclusion

Loin d’oublier « le paragraphe de la honte », les juifs norvégiens ont fait ériger un monument d’honneur sur la tombe de Henrik Wergeland, au cimetière d’honneur d’Oslo. Ils s’y rassemblent tous les ans pour rendre hommage à leur plus grand défenseur. Sur son lit de mort, il leur a écrit un dernier poème, La Juive. Sans doute déterminant dans l’abolition du « paragraphe de la honte. »

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La période de l’après-guerre, dénommée « reconstruction » par les Norvégiens, dont les actions de résistance furent parmi les plus remarquables en Europe, verra cette petite communauté renaître de ses cendres. Aujourd’hui, les juifs de Trondheim se glorifient d’avoir la synagogue la plus septentrionale au monde ! Le titre prestigieux de « juifs polaires », dans ce pays du « soleil de minuit » où définir l’heure d’entrée du shabbat reste un exercice empirique, leur est âprement disputé par la communauté de Fairbanks, en Alaska. Toutefois, la centaine de juifs vivant à Trondheim se trouve confrontée au même problème que la majorité des juifs scandinaves. Peu nombreux (sur une population de 5 millions d’habitants, on compte moins de 900 juifs en Norvège), ils vivent un judaïsme où les mariages mixtes sont le lot de la plupart de ses membres, qu’ils soient ou non attachés à leurs traditions.

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Synagogue d’Oslo

En 2022, Israël a condamné la décision de la Norvège d’étiqueter les produits israéliens exportés par les communautés juives de Judée et de Samarie.”Cette décision ne contribuera pas à l’avancement des liens israélo-palestiniens et affectera négativement les relations bilatérales entre Israël et la Norvège, ainsi que l’intérêt de la Norvège pour la promotion des relations entre Israël et les Palestiniens”, a déclaré le ministère israélien des affaires étrangères.

Début décembre 2024, le fonds gouvernemental de Norvège qui est le fonds souverain le plus grand au monde a annoncé retirer ses investissements de la société israélienne Bezeq en raison de ses activités dans ”les territoires occupés de Cisjordanie”. Le fonds possède des actifs dans le monde pour un montant de 1.7 billion de dollars. La société d’investissement norvégienne a vendu ses actions investies dans Bezeq et devrait également retirer ses investissements des entreprises qui aident Israël dans la guerre à Gaza ou opèrent dans les territoires. Cette action intervient après que l’organisme d’éthique de la fondation a publié une décision rendant plus difficile l’investissement dans les entreprises qui travaillent avec cette région d’Israël.

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Dagbladet – journal norvégien

L’antisémitisme en Norvège est à son plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale, a déclaré à la télévision israélienne le rabbin d’Oslo. Cet acharnement de la Norvège contre l’Etat hébreu fait du royaume nordique un pays nettement classé comme antisémite.

Il semble donc que le multiculturalisme a, comme dans de nombreux autres pays occidentaux, corrompu l’élite nationale norvégienne – universitaires, intellectuels, écrivains, journalistes, politiciens et technocrates majoritairement à gauche – au sein de laquelle fleurit l’idéologie anti-israélienne.


Références

Det mosaiske trossamfunn: ”la première imigration juive”. www.dmt.oslo.no/no/joder_i_norge/historie/frem_til_1900. 10 novembre 2011

Christensen, Olaf Sunde, Jøder og Gojim: mottagelsen av et antisemittisk skrift fra 1910 (Universitetet i Oslo 1998) p. 94 et 125. Il s’agit de Jøder og Gojim [Juifs et Gojim], écrit par Eivind Saxlund. En 1916, un mensuel, Nationalt Tidsskrift, avec une attitude explicitement antisémite allait être lancé. https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/gallery/denmark-storiesue.

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On June 11, 2025—exactly 249 years later—the Liberty Values & Strategy Foundation emerges to carry forward the luminous torch of those founding principles into the complexities of our modern age. Just as Jefferson and his fellow committee members understood that true independence required both visionary thinking and strategic action, the Liberty Values & Strategy Foundation recognizes that preserving and advancing liberty in the 21st century demands sophisticated analysis, bold leadership, and unwavering commitment to the fundamental values that define human flourishing.

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  • Then, The Committee of Five understood that ideas must be coupled with practical wisdom. Now, The Liberty Values & Strategy Foundation bridges timeless principles with contemporary strategic insight
  • Then, They recognized that liberty requires constant vigilance and thoughtful stewardship. Now, We commit to that same vigilance in an increasingly complex world

In the shadow of Ethiopia’s Omo Valley, where the Mursi people etch resilience into their skin through lip plates and the Hamar tribe’s bull-jumping rites forge indomitable courage, a new chapter in the global fight for liberty begins. The Liberty Values & Strategy Foundation (LVS Foundation) launches today as a vanguard of 21st-century research, merging scholarly rigor with actionable strategy through its revolutionary Cohesive Research Ecosystem (CORE). Founded by Dr. Fundji Benedict—a scholar whose lineage intertwines Afrikaner grit, Ethiopian sovereignty, and Jewish perseverance—this institution embodies a legacy of defiance inherited from history’s most audacious truth-seekers, from Zora Neale Hurston to the warrior women of Ethiopia. This duality—scholarship as sword and shield—mirrors Dr. Benedict’s own journey. For 10+ years, she navigated bureaucratic inertia and geopolitical minefields, her resolve hardened by the Ethiopian women warriors who once defied Italian fascism.

 

 

I. The Hurston Imperative: Truth as a Weapon

Zora Neale Hurston, the Harlem Renaissance icon who “broke through racial barriers” and declared, “Truth is a letter from courage,” is the Foundation’s spiritual lodestar. Like Hurston, who documented Black life under Jim Crow with unflinching authenticity, the LVS Foundation wields research as both shield and scalpel. BRAVE, its human rights arm, intervenes in crises with the precision Hurston brought to folklore studies, transforming marginalized voices into policy. When Somali warlords displace the Gabra people or Ethiopian officials seize tribal lands, BRAVE acts with the urgency of Hurston’s anthropological missions, ensuring that “truth-telling becomes liberation”.

Dr. Benedict’s decade-long journey mirrors Hurston’s defiance. “My ancestors did not bow. I will not bow,” she asserts, her cadence echoing the Omo Valley’s ceremonial chants. This ethos permeates the Foundation’s CORE model, where BRAVE, COMPASS, and STRIDE operate in symphonic unity. “CORE is our answer to siloed thinking,” Dr. Benedict explains. “Through this cohesive ecosystem, BRAVE, COMPASS, and STRIDE work in concert—breaking down

barriers between academic research, fieldwork, and strategic action. This enables us to develop innovative solutions and stride toward lasting change”.

 

II. Necropolitics and the Battle for Human Dignity

The Foundation’s research agenda confronts necropolitics—a term coined by Achille Mbembe to describe regimes that decide “who may live and who must die”. In Somalia, where Al-Shabaab turns villages into killing fields, and South Africa, where post-apartheid politics increasingly marginalize minorities, the LVS Foundation exposes systemic dehumanization. STRIDE, now correctly positioned as the bulwark against terrorism and antisemitism, dismantles networks fueled by Qatari financing and ideological venom. COMPASS, the geopolitical hub, maps Qatar’s $6 billion influence campaigns, revealing how Doha’s alliances with Islamist groups destabilize democracies from Sahel to Paris, France.

“Qatar hides behind diplomatic immunity while funding mass murder,” Dr. Benedict states, citing Israeli intelligence linking Qatari funds to Hamas’s October 7 massacre. Meanwhile, BRAVE echoes fieldwork in Ethiopia’s Babille Elephant Sanctuary—where Dr. Benedict has studied bee barriers to resolve human-wildlife conflict—and epitomizes the Foundation’s ethos: “We turned conflict into cooperation, just as our ancestors turned adversity into art”.

 

III. The Ethiopian Woman Warrior: A Blueprint for Ferocity

The Foundation’s DNA is steeped in the legacy of Ethiopian women who weaponized intellect and audacity. Woizero Shewareged Gedle, who orchestrated prison breaks and ammunition heist during Italy’s occupation, finds her echo in STRIDE’s Intelligence operations. She struck an Italian officer mid-interrogation and declared, “You may imprison me, but you will not insult me”. Her defiance lives in STRIDE’s intelligence operations and BRAVE’s land-rights advocacy for all minorities like the Hamar, who endure ritual whipping to cement bonds of loyalty – a fight as visceral as it is cerebral -, but also the tribes or the Afrikaners in South Africa who face expropriation of their property without compensation. Dr. Benedict’s leadership rejects the false binary between academia and activism: “Research is not abstraction—it is alchemy. We transmute data into justice”.

 

IV. Conclusion: Lighting the Torch for Generations

The Liberty Values & Strategy Foundation stands as more than an institution—it is a living testament to the unyielding spirit of those who refuse to let darkness prevail. In a world where necropolitics reduces human lives to chess pieces and terrorism metastasizes in the shadows, the Foundation’s CORE research ecosystem illuminates a different path: one where rigorous scholarship becomes the catalyst for liberation. Every report published, every policy advocated, and every community defended is a reaffirmation of democracy’s most sacred tenet—that every life holds irreducible value.

Dr. Benedict’s vision transcends academic abstraction: BRAVE’s defense of pastoralist communities, COMPASS’s geopolitical cartography, and STRIDE’s dismantling of hate networks are not isolated acts but threads in a tapestry woven with the same audacity that Zora Neale Hurston brought to anthropology and Woizero Shewareged Gedle to resistance. The Foundation’s decade-long gestation mirrors the patience of Ethiopian honey hunters who wait years for the perfect hive—a reminder that enduring change demands both urgency and perseverance.

As a beacon for liberty, the LVS Foundation invites collaboration across borders and disciplines. To governments grappling with Qatar’s influence campaigns, to activists documenting human rights abuses, to citizens weary of complacency, the Foundation offers not just data but a blueprint for courage and defiance. Its research ecosystem—dynamic, interconnected, and unapologetically action-oriented—proves that knowledge, when wielded with integrity, can dismantle even the most entrenched systems of oppression.

 

The Torch Burns Bright

Over the past decade, Dr Benedict has combined rigorous academic work with on-the-ground engagement, building the knowledge and networks required to create this institution. Now, as the Foundation opens its doors, it stands as a testament to principled scholarship and action. In the legacy of Zora Neale Hurston’s fearless truth-telling, the LVS Foundation embraces the

power of knowledge guided by values. Crucially, the LVS Foundation maintains strict independence from any partisan or governmental funding. This non-partisanship is a cornerstone of its identity. “From day one, we refuse to be anyone’s instrument – no government, no party. Our independence guarantees that our voice remains unbiased and our research uncompromised,” Dr. Benedict emphasizes. “We owe that to the truth we seek. Hurston taught us about authenticity and courage; in that spirit, we will not pander or censor ourselves. We will ask the hard questions and pursue answers – wherever they lead – in service of liberty and human dignity.”

The revolution Dr. Benedict ignited is not hers alone. It belongs to every individual who dares to believe that democracy can be defended, that integrity can be restored, and that liberty is worth every sacrifice. Zora Neale Hurston once wrote, “There are years that ask questions and years that answer.” For the LVS Foundation, this is the year of answers and a responsibility to honor Hurston’s legacy by ensuring truth is not just spoken but lived. Those seeking to support Liberty Values & Strategy Foundation—through funding, fieldwork, or amplification—are welcomed at [email protected] or [email protected].